Créer une entreprise en étant résident temporaire au Canada

Quand tu es résident temporaire,

c’est pas simple de créer ton entreprise.

 

Bonjour les amis,

Vous ne le savez peut être pas, mais mon épouse et moi sommes arrivés à Montréal le 1ier novembre 2016 et nous sommes au Canada sous le régime de résident temporaire.

Et oui, résident temporaire et je peux vous le dire : ça ne va pas m’empêcher de me lancer dans la création de mon entreprise.

0-Le bonheur de la reconstruction:

Pourquoi le bonheur me diriez-vous. Parce que le premier jour où vous posez le pied au Canada tout change sauf la langue :

  • Le système bancaire change
  • Le système de santé change
  • Le fonctionnement de l’administration
  • Les lois, la valeur de la monnaie, les distances, la nourriture, les magasins,
  • la mentalité et la façon de raisonner des gens
  • Et en fait, même si c’est la même langue, les mots changent ainsi que leur interprétation de temps en temps.

Bref tout change et donc nous sommes comme des gamins de 2 ans qui réapprenons les fondements de la vie en communauté avec d’autres références.

Sauf que nous sommes des adultes, et pas si malléables que ça dans le fond, donc avant de se reconstruire, on fait la guerre.

 

1 – La guerre aux programmes d’aide à la création d’entreprise :

Avant de me lancer dans l’entreprenariat je suis allé me renseigner dans tous les organismes possibles du Québec (Le Sage, La Chambre de Commerce de Montréal, La Jeune Chambre de Commerce de Montréal, PME Montréal, la BDI, Futur entrepreneurs, Emploi Québec et bien d’autres) afin de savoir s’il existait des programmes d’aide aux entreprises en création !!!

Et bien OUI il en existe des dizaines SAUF que lorsque vous êtes résident temporaire vous n’êtes pas admissible à tous ces programmes.

Dans un premier temps STUPEFACTION !!!  Et après réflexion c’est logique. Pourquoi les aides du gouvernement permettant à ces organismes de proposer de telles formations serviraient à former des personnes qui, de par leur résidence temporaire, sont logiquement amenées à quitter le pays dans les années ou les mois à venir.

Je n’ai donc droit à aucun type d’aide à la création d’entreprise à partir du moment où l’organisme formateur est subventionné par le gouvernement provincial.

 

2 – La guerre avec le système bancaire nord américain :

Ici en Amérique du Nord le système bancaire est complètement différent de l’Europe. On oublie donc notre belle carte bancaire qui fait tout et on passe à 2 cartes :

  • 1 carte de débit : c’est la carte de votre banque qui vous permet de retirer du cash et fait des achats en magasin et c’est à peut près tout. Point important, tu ne peux pas acheter en ligne avec cette carte.
  • 1 carte de crédit (Visa ou Mastercard pour ne pas les nommer) : C’est une vraie carte de crédit dans le sens où l’argent qui t’es octroyé sur cette carte ne t’appartient pas. C’est de l’argent que l’on te prête sous certaines conditions et sans historique de crédit tu commences avec un maximum de crédit à 500$ (ce que les ados de 16 ans ont ici) et tu as le droit d’attendre 6 mois avant de pouvoir justifier d’une augmentation de crédit.

Qu’est ce qu’un historique de crédit : c’est une cote qui t’es donné par des organismes privés, indépendants des banques, qui te notent en fonction de ta capacité à rembourser ce que tu as consommé sur ta carte.

Si tu ne rembourse pas à temps, tu paies 20% d’intérêts, et tu es mal coté et c’est le début des complications apparemment car nous en temps que français on fait extrêmement attention à notre épargne.

Je viens d’apprendre qu’il en est de même pour une entreprise, celle-ci, avant de pouvoir contracter un prêt, va devoir se créer un historique de crédit ainsi qu’au moins deux années de bilan comptable.

« Drone Des Champs » n’est pas prêt à faire un prêt.

APRES LA GUERRE – LE RESEAUTAGE, SEULE VRAIE ARME A LA CREATION

 

3 – Le rêve américain :

Avec mon expertise dans les domaines de la conception et de l’agriculture, j’ai décidé de me lancer dans l’aventure de la création d’entreprise.

Sur ce point la France devrait prendre le Québec en exemple car ici rien de plus simple. Pour un travailleur autonome comme moi tout ce fait sur internet.

Inscription de « Drone Des Champs » à Revenu Québec, Obtention du numéro d’entreprise NEQ  (Numéro d’Entreprise du Québec) et inscrit aux Taxes TPS (Taxe sur les produits de Service = 5%) et TVQ (Taxe de Vente du Québec = 9.975%) en quelques heures.

Ensuite l’ouverture des comptes bancaires de l’entreprise se font sur un simple rendez-vous chez le banquier.

Ce qui est extraordinaire ici : c’est que le fait de créer son business est reconnu comme une qualité. Si au bout d’un certain temps tout capote pour une raison quelconque personne ne t’en   tiendra rigueur car tu as eu le courage de créer.

 

4 – Le commerce des cohortes de créateurs et d’accélérateurs d’entreprises :

Ensuite, vient le moment où tout le monde t’explique qu’il te faut  un « plan d’affaire ». C’est là que tu constates que le réseau est d’une part très important et que d’autre part tu peux en faire le commerce.

Et oui car deux solutions s’offrent à toi :

  • soit tu travailles avec ton réseau et tes contacts pour mettre en place ton plan d’affaire toi-même. C’est long, compliqué et tous les jours tu es à la chasse aux informations.
  • soit tu intègres une des nombreuses cohortes de créateurs (ou d’accélérateurs) d’entreprise qui, par leurs offres de formation, te proposent de t’aider, de mettre en place ton plan d’affaire. De plus, grâce à leur réseau tu as toutes tes chances de trouver un ange investisseur qui va te permettre de te lancer. Ceci à un coût qui n’était pas acceptable au tout début de la création de la société mais qui je pense est un bon accélérateur.

Pour ma part, j’ai choisi de me lancer corps et âme dans la solution numéro 1 et aujourd’hui je suis fier de mon début de parcours.

 

Nico Deschamps de Drone Des Champs.